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C'est comment ?

Corona : autres cieux...

Par Emmanuelle Pontié - Publié en avril 2020
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En moins de deux mois, le monde s’est écroulé.
Comme un château de cartes. À cause d’un nouveau virus. Réponse, plus ou moins tardive selon les gouvernements : le confinement. Au 31 mars, la moitié de l’humanité était cloîtrée chez elle. Les échanges commerciaux, économiques gelés. Et l’Afrique, peu à peu, suivant l’exemple des autres nations, confine ses populations. Ou plutôt, tente. Oubliant que la réalité sur le continent, dans la plupart des pays, est tout autre. 
 
Pas de chômage, pas d’assurance maladie, pas d’infrastructures de santé capables de faire face, au moment même où toutes celles du monde « riche » sont déjà débordées. Les économies, à 80 % informelles, obligent les gens à sortir chaque jour pour faire manger leur famille. Le constat est clair, implacable : la réalité africaine ne permettra pas un confinement utile. Les élites en tête multiplieront les passe-droits pour échapper à la contrainte. 
 
C’est déjà le cas. Alors, les femmes du marché ou les patrons de bars et de « dos tournés » dans les quartiers surpeuplés, à Lagos, à Cotonou ou à Brazzaville, l’attendent, le corona. Résignés. Avec des arguments qui valent ce qu’ils valent. Là-bas, on pense être surentraînés contre les maladies infectieuses et autres virus, on parle d’immunité, on se réjouit que la chloroquine, molécule utilisée localement contre le palu depuis des lustres, soit peut-être un espoir...
 
Bref, fermer les frontières, isoler encore plus le continent – qui dépend tellement de l’extérieur, pour l’approvisionnement comme pour le business –, confiner sans mesures d’accompagnement possibles, est-ce la bonne idée ? Peut-être que les États africains devraient y réfléchir. Et urgemment. 
 
Après avoir fait le point sur ses moyens et analysé ses particularités sociales, culturelles, locales, chaque nation doit très vite imaginer un modèle de réponse approprié, différent et, pourquoi pas, efficace. Un modèle de réponse qui éviterait de mettre totalement à genoux, et pour très longtemps, des économies déjà bien faibles pour la plupart. À l’heure où l’Occident, empêtré dans la même épidémie, ne sera pas disponible pour tendre la main… Faut bouger, là !
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