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Placer l’école et l’éducation au cœur du débat

Par zlimam - Publié en octobre 2020

C’est la base du développement. La pierre centrale de l’émancipation et de la sortie de la pauvreté : une école pour tous, et de qualité. Pourtant, le débat public sur l’éducation africaine reste embryonnaire. On ne parle pas assez de moyens, de programmes, d’innovations. Or, si les statistiques démographiques ne mentent pas, il faudra scolariser près d’un demi-milliard d’enfants dans les trente ans à venir. Des chiffres qui soulignent la magnitude du défi africain en matière d’éducation et de formation. Et les potentialités d’un secteur sous-estimé. On ne part pas de rien. L’école postcoloniale existe. Les capacités d’accueil ont globalement doublé entre 2000 et 2015. Les taux d’alphabétisation progressent, avec évidemment de fortes disparités (l’Afrique de l’Ouest restant à la traîne). Aujourd’hui, les familles ont conscience de l’importance stratégique de la scolarité. Chaque année d’enseignement supplémentaire se traduit par de nouvelles opportunités de revenu. L’Afrique fait face à une double urgence. Garantir un accès universel et de qualité à l’éducation de base. Et former les cadres, les techniciens, les développeurs dont le continent aura besoin pour assurer son émergence. Les pistes sont nombreuses pour répondre à cette double exigence : formation massive et adaptée des maîtres, utilisation de nouvelles technologies, partenariat public privé, etc. Mais, pour que cela marche, il faut sortir la question de l’éducation du sous-sol des préoccupations politique, la sortir du tiroir des équilibres budgétaires pour la placer au centre du débat sociétal.

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Il y'a quelques temps, dans le monde d’avant, un ami subsaharien nous avait résumé de manière frappante la perspective historique : « Nous aurions pu être comme les Indiens d’Amérique, balayés par la puissance de l’Occident, réduits à des réserves sur notre propre territoire. Mais nous avons survécu, et nous sommes bien vivants. » Oui, l’Afrique a survécu, elle s’est émancipée, elle passe les tempêtes, résiliente. On lui prédit régulièrement le chaos, la crise, l’effondrement. Depuis les années 1960, l’afropessimisme est une valeur sûre…

Publié en octobre 2020

Une parenthèse tragique et non un point de départ : c’est ainsi qu’il faut percevoir les traumatismes de la traite puis du colonialisme. Nonobstant la colonie du Cap (1652) et une poignée de comptoirs, l’Afrique ne fut colonisée que moins d’un siècle, du partage de Berlin (1885) aux indépendances. Un siècle de spoliations qui ne saurait oblitérer des millénaires de complexité, malgré les discours ineptes sur l’homme africain « sans Histoire » (pour ne citer que Hegel…). Chacun connaît Lucy, hominidé de 3,4 millions d’années mis au jour en 1974 en Éthiopie, ou son aîné Toumaï, de 7 millions d’années, découvert au Tchad.

Publié en octobre 2020

L’AFRIQUE est riche en ressources, et en énergie… et en talents. Son sous-sol est un trésor et son sol aussi. Elle dispose encore de 50 % des réserves mondiales de terres non cultivées ! L’Afrique est riche, mais ses citoyens sont pauvres. Elle est riche, mais encore dépendante d’un système hérité largement du modèle colonial et de son intégration dans l’économiemonde. Elle exporte ce qu’elle ne consomme pas. Et elle importe ce qu’elle consomme – pour schématiser.

Publié en octobre 2020