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De l’énergie pour la croissance

Par - Publié en juin 2018
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L’offre actuelle ne suffit pas à couvrir les besoins, estimés à plus de 1 000 mégawatts pour les années 2020. D’où l’ampleur des projets mis en route.
 
L’interconnexion électrique entre les réseaux éthiopien et djiboutien est entrée en service, en 2011. Financée par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 50 millions de dollars, cette infrastructure régionale apporte quotidiennement 60 mégawatts, au moment où la centrale de Boulaos a vu ses capacités de production passer de 25 à 40 mégawatts. Toutefois, le rythme de développement de l’économie djiboutienne, la réalisation de nouvelles infrastructures portuaires, les projets d’industrialisation du pays, la nouvelle voie ferrée entre Djibouti et Addis- Abeba totalement électrifiée et la cadence infernale de l’urbanisation de la population font exploser la demande. L’offre actuelle de 100 mégawatts paraît indigente au moment où les besoins sont estimés à plus de 1 000 mégawatts, pour les années 2020.
 
Un parc éolien
Pour faire face à cette situation, de nombreux investissements ont été lancés, notamment en matière d’énergie verte. Ainsi en est-il de la centrale solaire du Grand Bara, en partenariat avec le groupe allemand Green Enesys, doté d’un budget de 360 millions d’euros pour une capacité totale de 300 mégawatts (50 dans la première phase du projet) ou encore du projet de parc éolien d’une capacité de 60 mégawatts, prévu dans le Goubet qui est en phase d’études de faisabilité. En matière d’électrification rurale, deux minicentrales solaires ont vu le jour : à Adaïlou, dans la région de Tadjourah (100 kilowatts photovoltaïques) mise en fonction en 2016, et à As-Eyla, dans la région de Dikhil (150 kilowatt), qui devrait être opérationnelle au cours du troisième trimestre de 2018.
L’ambition du président IOG est de parvenir à couvrir 85 % des besoins énergétiques de son pays à travers les énergies renouvelables. Si l’on s’en tient aux besoins annoncés pour les années 2020, cela représente 850 mégawatts. Ambition démesurée ? Oui, si l’on ne tient compte que des seules centrales solaires ou éoliennes. L’espoir de Djibouti est ailleurs. Dans les profondeurs du sous-sol aride de ce désert côtier qu’est le territoire de Djibouti. Dans ses entrailles se trouvent des réserves infinies d’une énergie gratuite : la géothermie. Toutes les études le confirment, le potentiel est énorme. La première expérience débutera au cours du mois de juin 2018. Avec un financement de la Banque mondiale (31 millions de dollars), le forage initial constituera la première opération de mise en valeur du potentiel géothermique du pays, source inépuisable de milliers de mégawatts par an. En attendant, une seconde interconnexion avec le réseau éthiopien est envisagée. Les études sont quasi bouclées et les négociations sont en cours avec un partenaire indien pour le financement. Le projet géant du terminal gazier de Damerjog prévoit une centrale électrique au gaz d’une capacité de 150 mégawatts devant entrer en service en 2021. Par ailleurs, l’usine de dessalement que construit le français Eiffage est doublée d’une centrale électrique de 50 mégawatts.
 

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