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La laïcité, pour vivre ensemble

Par zlimam - Publié en octobre 2020
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C’est une idée qui reste révolutionnaire, et tellement utile, nécessaire ! L’État ne doit pas avoir de religion. Le concept est présent dans de nombreuses constitutions du continent avec des périmètres d’application assez flous. En Tunisie, le texte fondamental « garantit la liberté de conscience et de croyance », tout en affirmant que l’islam est religion d’État, mais que la nature « civile » de l’État est garantie… Au Bénin, le texte fondamental invoque la laïcité mais le président doit prêter serment devant Dieu et les « mânes des ancêtres ». Au Sénégal, l’État est laïc, mais les confréries pèsent d’un poids particulièrement lourd sur la vie publique. Les complexités sont nombreuses, entretenues. Mais le principe devrait être simple. Chacun est libre de croire, de pratiquer, mais les pouvoirs publics doivent agir pour l’intérêt de tous. Dans une Afrique où les territoires ne sont pas forcément religieusement homogènes, où les minorités sont présentes, l’État doit être « au-dessus ». La laïcité n’est pas un concept absolu, il ne s’agit pas de « devenir la France », de pratiquer une lecture révolutionnaire du concept, mais de garantir la neutralité de l’État. Le développement du continent ne pourra pas se faire sans une véritable clarification des domaines du temporel et du spirituel. Une clarification qui permettrait aussi de couper court aux multiples effets du clientélisme politique. L’État n’a pas de religion, n’appartient à aucune « région », à aucune « ethnie », à aucune culture particulière. L’État, c’est nous tous !

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